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CRÉATION 2008

Visuel Joël Guenoun (voir son site)

Dossier de presse
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Dossier pédagogique
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Extraits de presse
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Bande-annonce Visioscène
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CRÉATION 2008

NEVERS
du 19 au 21 novembre 2008
mercredi 19 à 20h30
jeudi 20 à 14h30
vendredi 21 à 20h
 
MAISON DE LA CULTURE
DE NEVERS ET DE LA NIÈVRE

2, boulevard Pierre de Coubertin
58004 Nevers
Location 03 86 93 09 09
www.mcnn.fr
 

PARIS
du 7 janvier au 22 février 2009
du mardi au samedi à 20h,
dimanche à 17h
 
THÉÂTRE DU LUCERNAIRE
53 rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
M° Vavin ou Notre-Dame-des-Champs
Location 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr


LE PERREUX
les 5, 6 et 7 mai 2009
mardi, mercredi et jeudi à 20h30
 
CENTRE DES BORDS DE MARNE
2, rue de la Prairie
94170 Le-Perreux-sur-Marne
Location 01 43 24 54 28
 

EN CHINE
Spectacle invité en Chine au 5th INTERNATIONAL EXPERIMENTAL THEATRE FESTIVAL OF SHANGHAI,
du 7 au 12 juin 2009
 


TOURNÉE 2009/10
en préparation


Compagnie Vincent Colin
Hélène Icart
Bureau de production Prima Donna
Tél. 01 42 47 05 56
Portable 06 23 54 53 42
www.prima-donna.fr
helene.icart@prima-donna.fr

Attaché de presse
Fouad Bousba
Portable 06 13 20 02 22
servicedepresse@free.fr

Maison de la Culture
de Nevers et de la Nièvre

Tél. 03 86 93 09 14
production@mcnn.fr

AMERIKA

une comédie d'après Kafka
adaptation et mise en scène Vincent Colin

avec Roch-Antoine Albaladéjo, Philippe Blancher, Olivier Broda, Cédric Joulie, Isabelle Kérisit et Anne-Laure Pons.
 
musique Thierry Bertomeu
lumières et régie Alexandre Dujardin
collaboration artistique Stéphane Vallé et Maria Morales

Création 2008. Coproduction Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre, et Compagnie Vincent Colin, en coréalisation avec le Théâtre du Lucernaire (Paris). Avec le soutien de l'Adami.
Le texte de l'adaptation est publié aux Editions de L'Harmattan, ainsi que le DVD du spectacle.

Ce qui me plaît dans « l’Amérique », c’est que Kafka écrit cette histoire
incroyablement belle sans être jamais allé en Amérique…

Federico Fellini


Revenir sur ce roman inachevé, près d’un siècle après son écriture, c’est reconnaître que ce tableau imaginaire était incroyablement en avance sur son temps. Kafka y décrit l’Amérique comme Raymond Roussel nous parle de l’Afrique, sans y être jamais allé. C’est là, pour moi, l’un des grands intérêts du roman.

À la manière d’un extra lucide, Kafka nous décrit sa fascination pour le grand rêve américain, tout en percevant en même temps l’immense déception qu’allait fatalement engendrer ce modèle. La démesure urbaine, le règne de l’argent roi, la solitude de l’individu face à la foule, traversent son récit de part en part.

Avec un siècle d’avance, Kafka nous met en garde contre les illusions du mythe. C’est là le propre des génies. Son Amérique, comme le dit si bien Fellini - qui envisageait de tourner ce roman dans les studios de Cinecittà en prenant lui aussi ses distances par rapport à la réalité - est beaucoup plus vraie que celle de la publicité, du Dow Jones et du cinéma.

C’est vers ce mythe usé par deux siècles d’histoire que je me suis tourné, en souhaitant porter à mon tour ce roman à la scène.


DE TOCQUEVILLE À KAFKA : DEUX VISIONS EUROPÉENNES DE L'AMÉRIQUE

L’Amérique nourrit la curiosité et le rêve, la fascination et la répulsion, des Européens. Si proche et si lointaine, si semblable et si différente, elle n’a pas cessé d’alimenter notre imaginaire depuis deux siècles.

Après avoir mis en scène une adaptation du livre d’Alexis de Tocqueville, « De la Démocratie en Amérique », j’ai souhaité revenir à nouveau sur le rêve américain, à travers le regard de Kafka cette fois, un autre visionnaire européen. Tous deux se succèdent dans l’Histoire, ils sont les représentants d’une Europe qui va de la fin de la monarchie française pour l’un, aux débuts du XXè siècle pour l’autre. Passer des analyses du philosophe français, aristocrate et catholique, aux visions du poète tchèque d’origine juive et germanophone, est un exercice qui permet de relever une étrange complémentarité dans leurs regards respectifs.

Tandis qu’Alexis de Tocqueville rédige son ouvrage au retour d’un long voyage d’investigation dans cette nation à la démocratie naissante (1840), Kafka écrit son « roman américain » sans se rendre sur place. L’analyse d’un côté et la fiction de l’autre. Deux réflexions anticipatrices d’un monde nouveau qui n’a cessé de fasciner la vieille Europe.

« Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres, ses enfants et ses amis forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux ; mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leurs jouissances et de veiller sur leur sort… Il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
 »

De la Démocratie en Amérique, IIème partie (Alexis de Tocqueville, 1840)



KARL ROSSMANN, DIGNE HÉRITIER DE CANDIDE ET DE BUSTER KEATON

Mais pour autant, l’Amérique dépeinte n’est pas bien réelle. Dès les premières lignes, et comme pour en avertir le lecteur, le jeune Karl Rossmann apercevant la statue de la Liberté, croit voir une épée au bout de son bras ! (à la place de la torche, sensée éclairer le Nouveau Monde).

« Lorsque, à dix-sept ans, le jeune Karl Rossmann, que ses pauvres parents envoyaient en exil parce qu’une bonne l’avait séduit et rendu père, entra dans le port de New-York, la statue de la Liberté lui apparut dans un sursaut de lumière. On eût dit que le bras qui brandissait l’épée s’était dressé à l’instant même… »

À la lecture des premières lignes du roman de Kafka, comment ne pas penser au premier chapitre du célèbre conte voltairien où l’on trouve le jeune Candide subitement chassé du Château de Thunder-Ten-Tronck, pour avoir été surpris dans les bras de Cunégonde ?

La comparaison ne s’arrête pas là et il y a fort à parier que Kafka avait en mémoire cette lecture de jeunesse quand il entreprend d’écrire «Le Disparu », titre original du roman, qui allait devenir par la suite « Amerika » édité par son ami Max Brod.

À plus d’un titre, le personnage de Karl Rossmann évoque en moi le souvenir du célèbre héros voltairien et cette comparaison n’est pas pour me déplaire, ayant pour ce dernier une tendresse toute particulière (1). Tous deux ont le même âge, la même « candeur », et vivent le même enchaînement d’aventures subies et assumées, de rencontres hasardeuses, la même solitude et le même courage face à l’adversité du quotidien…

Je remarque aussi qu’il y a dans ces deux œuvres un humour aussi désespéré, certes moins clairement affiché et davantage sous jacent chez Kafka, mais tout aussi présent tout au long du roman.

Mais Voltaire et Kafka ont certainement été impressionnés l’un et l’autre par Cervantès, car il y a également du Don Quichotte chez Karl Rossmann, héros malgré lui, toujours prêt à rebondir après chaque obstacle rencontré, déterminé à aller de l’avant quoiqu’il en coûte, à vouloir rendre intelligible un monde incohérent, comme Candide tente aussi de le faire.

Vouloir retenir de Kafka surtout le côté cauchemardesque et angoissant, relève d’une sorte de conformisme de la pensée. On trouve aussi chez lui une grande force poétique et un humour quasi-constant, à la manière d’un Buster Keaton ou d’un Chaplin, porte paroles d’une Amérique démesurée dans laquelle l’individu ne cesse de se perdre (Max Brod le reconnaît lui-même dans la préface à la première édition du livre).

Tout l’imaginaire du cinéma américain est contenu dans ce roman que l’on déguste comme un road movie : la démesure des « Transports Jacob » (l’entreprise new-yorkaise de son oncle), les batteries d’ascenseurs de l’Hôtel Continental, tout droit sortis d’un film comme Métropolis, le grand Théâtre d’Oklahoma, qui annonce les futurs studios d’Hollywood…

Enfin, revenir, un siècle plus tard, sur le côté visionnaire de ce roman de Kafka, c’est constater avec lui combien le rêve américain promettait, dès sa naissance, des lendemains qui déchantent.

Vincent Colin

(1) Vincent Colin a adapté et mis en scène « Candide ou l’optimisme » de Voltaire en 1995 et « De la Démocratie en Amérique » d’après Tocqueville en 2004.


RÉSUMÉ BIOGRAPHIQUE

Kafka est né à Prague, ville qui faisait encore partie à l’époque de l’Empire des Habsbourg, le 3 juillet 1883.
De famille juive, il a grandi au cœur du plus vieux ghetto d’Europe, faisant ses études en allemand et gardant durant toute sa vie ses distances par rapport à la religion juive.
Son père Hermann Kafka, petit propriétaire d’un magasin de nouveautés, exerça sur lui une autorité excessive, le considérant comme un incapable.
Le jeune Kafka aimait à assister aux représentations d’un petit théâtre yiddish, en provenance de Pologne et installé à Prague.
À l’université allemande, il se lie d’amitié avec Max Brod qui deviendra plus tard l’éditeur de ses œuvres posthumes.
Employé dans une compagnie d’assurance, il y découvre le monde du travail et les problèmes sociaux qui en découlent.
D’une santé fragile, et malgré une réelle appréhension pour les questions touchant à la sexualité, quatre relations amoureuses ont marqué la vie de Kafka : Felice Bauer en 1912, avec qui il se fiance deux fois avant de rompre définitivement en 1917 ; Julie Wohryzek en 1919, avec qui il rompt pour se lier à Milena Jesenska, écrivain tchèque de talent avec laquelle il échangera d’innombrables lettres d’amour ; Dora Dymant enfin, en 1923, avec qui il s’installera à Berlin.
La pauvreté et un hiver très rigoureux aggravent sa tuberculose. Transporté dans un sanatorium de Vienne, il y meurt le 3 juin 1924 après une terrible agonie. il avait 40 ans.


COMMENTAIRES DE MAX BROD POUR LA PREMIÈRE ÉDITION DE "AMERIKA"

Le manuscrit de Franz Kafka ne portait aucun titre. Quand il en parlait, il l’appelait son « roman américain ». Il disait qu’il était plus gai et plus lumineux que tout le reste de son œuvre.

Kafka cessa soudain d’y travailler. Il aimait tout particulièrement le dernier chapitre inachevé du « Théâtre d’Oklahoma » qui aurait dû le réconcilier avec la destinée : Son jeune héros aurait alors trouvé, comme par miracle, une profession, la liberté, un soutien et ses parents.

Ce roman est en étroite relation avec « Le Procès » et « Le Château » dont il inaugure chronologiquement la série. C’est une trilogie de la solitude.

Kafka n’épargne pas plus ce Karl, que les personnages centraux de ses deux autres romans, dont l’initiale du nom est également K, comme celle de Kafka lui-même.

Dans « Amerika », Kafka s’est tout de même senti plus libre avec son brave et honnête héros. Il cache moins sa sympathie, il s’y laisse aller carrément. Son cœur saigne à chaque injustice que l’on fait à cet innocent désarmé.

Il y a dans ce livre des passages qui rappellent irrésistiblement Chaplin, même si, avant la guerre de 1914, Charlot était encore inconnu et n’avait peut-être même rien donné.

Il est possible que « Amerika » soit précisément le roman qu’il fallait pour amener Kafka sur une voie nouvelle, celle de l’humanité, de la simplicité et de la compassion.

Il se pourrait que Kafka devînt essentiel ; on ne saurait encore, tant s’en faut, imaginer quelle importance il peut avoir.

Max Brod



LA PRESSE

 
DIRECT MATIN

L’Amérique rêvée de Kafka. On retrouve les thèmes de prédilection de l’écrivain tchèque – solitude, injustice, bureaucratie - rehaussés d’une pointe d’humour grinçant.
 

L'EXPRESS

Candide en Amérique un adolescent tout juste débarqué d’Europe - se dépatouille dans mille mésaventures, dessinant à vue les dessous du rêve américain. Un bon moment qui passe trop vite. Laurence Liban
 

TELERAMA - Sortir

Entre noirceur, lumière et étrangeté, une belle version de l’univers kafkaïen. L’adaptation de Vincent Colin est vive, concentrée : la mise en scène, réglée comme une succession de séquences de cinéma, passe du film noir américain, au burlesque à la Buster Keaton et finit comme une comédie musicale. C’est plein de clins d’oeil, de légèreté et d’humour.
 

PARISCOPE

La mise en scène joue la partition du comique et du burlesque avec une belle ingéniosité. Ce qui n’empêche pas pour autant le propos noir, dissimulé sous le vernis, de transparaître. Un savant mélange, presque paradoxal, qui donne justement toute sa saveur à cette création. D. D.
 

FIGAROSCOPE

Ce spectacle est esthétiquement réussi… travail précis et rigoureux de Vincent Colin, qui sait créer une atmosphère et diriger ses comédiens. J.-L. J.
 

EN 3 MOTS

Vincent Colin a privilégié l’humour au détriment du tragique, cela n’empêche pas le propos, parfois noir et amer, de transparaître. Annabel Benhaiem

L'HUMANITE

L’adaptation prend une teinte cinématographique toute américaine, souvent chaplinesque par le jeu des six comédiens. Philippe Blancher en oncle d’Amérique, entre autres, est épatant. L’atmosphère est suggérée en pointillés, avec instinct, via une bande-son savante due à Thierry Bertomeu. Aude Brédy
 

WEBTHEA.COM

Sens du rythme et des métamorphoses… un cabaret-feuilleton plaisant, qui a la vitesse du cinéma et l’impact joyeux du music-hall. Gilles Costaz

LA TERRASSE

Ce parcours tragi-comique d’ascensions et de chutes décline une série de songes candides, habités de figures naïves et cauchemardesques. Véronique Hotte
 
Vincent Colin a privilégié l’humour au détriment du tragique, cela n’empêche pas le propos, parfois noir et amer, de transparaître. Annabel Benhaiem
 

THEATRE DU BLOG

Aucun temps mort; la mise en scène est exigeante et le jeu corporel de tout premier ordre qui, encore une fois, fait souvent penser à Keaton. Vous pouvez chercher: aucune faute sur ce petit plateau : les entrées et les sorties sont millimétrées, une mécanique bien huilée. À voir sans aucune restriction, et, croyezmoi, ce n'est pas tous les jours que l'on vous le dira. Philippe du Vignal
 

VISIOSCENE

De cette fable fantastique, Vincent Colin a gardé le côté absurde pour en faire une véritable comédie : l’irrationnel n’est plus là pour inquiéter mais pour faire rire, il est dépouillé de toute psychologie pesante, de sa dimension Kafkaïenne.
… la création sonore est quant à elle absolument magnifique. Un divertissement poétique à voir absolument ! Samuel Ganès

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