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CRÉATION 2000, TOURNÉES 2001, 2002, 2004

Dossier de presse
    (au format PDF)


TOURNÉE PRINTEMPS 04

à l'initiative de l'IFOB,
avec le concours d'Ars Nova
et la compagnie Vincent Colin

DANS 8 THÉÂTRES
DE LA RÉGION PARISIENNE



TOURNÉE 2002

EN FRANCE
ET AU LUXEMBOURG
25 représentations


FESTIVAL D'AVIGNON 2001

AU THÉÂTRE MUNICIPAL


CRÉATION EN 2000

Version française
avec la participation
de l'orchestre régional
de la Réunion

AU CENTRE DRAMATIQUE
DE L'OCÉAN INDIEN

Version anglaise
(traduction de Dudley Fitts)
THÉÂTRE NATIONAL DE NAMIBIE


LES MARIÉS DE LA TOUR EIFFEL

de Jean Cocteau
mise en scène et scénographie Vincent Colin
assisté de Stéphane Vallé
musiques du Groupe des Six
(Georges Auric, Arthur Honegger, Francis Poulenc, Darius Milhaud et Germaine Tailleferre)
interprétées par l'orchestre Ars Nova sous la direction de Philippe Nahon
orchestration Marius Constant
collaboration chorégraphique Sébastien Lefrançois et Banana Shekupe
chants Bonnie Pereko et Banana Shekupe
création lumière Denis Désanglois
c
ostumes Beata Hamelwa
toiles peintes Marie Begel

avec Stéphane Vallé (ou Karim Bekkar), Nathalie Fillion, Victoria Benyamin, Ludovic Ilolo, Saul Kamure, Elisabeth Nepembe, Simon Simeon, Steven Afrikaner, Sébastien Lefrançois, Theresa Kahorongo, Sidney Gurirab, Karl Pietersenim, Banana Shekupe, Manfred Shikongo Namalenga, Chamaritha Van des Westhuizen.

Coproduction : Centre Dramatique de l'Océan Indien / Théâtre National de Namibie, avec le soutien du Centre Culturel Franco-Namibien, du Ministère de la Cultureet de la Communication, du Ministère des Affaires Étrangères, du Secrétariat d'État à l'Outre mer,de la Région Réunion, SPEDIDAM et de l'ADAMI. Spectacle présenté au Festival d'Avignon 2001.
Tournée 2004 en Ile de France : réalisation Opéra en Ile de France / Compagnie Vincent Colin et Orchestre ARS NOVA.



PRÉSENTATION

Cette pièce emblématique des années folles réunit un poète, Jean Cocteau et cinq compositeurs, Auric, Honegger, Poulenc, Milhaud, Tailleferre. Une trentaine d'artistes sur le plateau : 14 comédiens du Nord et du Sud, une jeune équipe namibienne, un danseur hip-hop et un orchestre de 15 musiciens.

Cocteau déchaîne un fort bouillonnement dans le monde parisien de son époque en fédérant autour de lui tous ceux qui partagent ses convictions artistiques. Il écrit, dessine, met en scène, mais le poète aux talents multiples ne peut se contenter de créer : il éprouve le besoin, dans la frénésie des années vingt, de pousser les autres à créer eux aussi, sa force d'entraînement est irrésistible. Erik Satie l'a éprouvée, Stravinsky y succombera à plusieurs reprises et bien sûr le fameux Groupe des Six, regroupant Milhaud, Honegger, Durey, Auric, Poulenc et Tailleferre. C'est une histoire d'amitié qui a permis aux Mariés de la Tour Eiffel de voir le jour au Théâtre des Champs-Elysées le 18 juin 1921.



LA MUSIQUE DU GROUPE DES SIX

La musique est en parfaite adéquation avec le texte décapant de Jean Cocteau : une critique grinçante de la guerre, du conformisme y apparaît à chaque page et chaque compositeur à su à sa manière transcrire ces intentions en musique.

Alors que la partition originale des Mariés de la Tour Eiffel fait appel à un orchestre considérable, la version réalisée par Marius Constant en 1987, comporte un effectif de quinze instruments seulement : quintette à vent, quintette à cordes, trompette, trombone, harpe et deux percussions.

Ouverture  - Georges Auric
-       Marche nuptiale (entrée) - Darius Milhaud
-       Discours du Général - Francis Poulenc
-       La Baigneuse de Trouville - Francis Poulenc
-       La Fugue du massacre - Darius Milhaud
-       Valse des dépêches - Germaine Tailleferre
-       Marche funèbre - Arthur Honegger
-       Quadrille - Darius Milhaud



GENÈSE DU PROJET COCTEAU EN NAMIBIE

 

Projet issu d'une convention de formation professionnelle signée par le Centre Dramatique de l'Océan Indien avec le Théâtre National de Namibie et le Centre Culturel Franco-Namibien. Au premier atelier ouvert aux jeunes acteurs, il y avait soixante-dix participants venus des townships voisins de Windhoek !

L'idée de travailler sur cette pièce de Cocteau est venue de notre désir de rendre compte de cette rencontre par le biais de la poésie. En effet, la Namibie et la France ne sont pas éloignées simplement par la géographie ; elles le sont aussi par l'Histoire, la langue (l'anglais en l'occurrence) et la culture. Seule la poésie et les interrogations qu'elle soulève pouvaient constituer l'amorce d'un langage commun.

D'autre part, "Les Mariés de la Tour Eiffel" pose des difficultés formelles passionnantes à résoudre, à commencer par la séparation radicale entre le texte et le jeu : ceux qui jouent ne parlent pas et ceux qui parlent, ne bougent pas. Enfin, cette pièce regorge d'allusions à l'Afrique, une Afrique fantasmagorique à replacer dans le contexte du surréalisme et des "années folles". De là à imaginer la Tour Eiffel au milieu du désert de Namib, il n'y avait qu'un pas à franchir… et nous l'avons franchi allègrement.

La poésie est à la fois la chose la plus difficile et la plus simple à partager car elle dépasse les clivages culturels pour solliciter l'imaginaire et la sensibilité de chaque individu. Cette "Poésie de théâtre", pour reprendre les termes de Cocteau, était donc au départ aussi énigmatique pour nous que pour nos amis namibiens. Nous avons cherché ensemble les solutions à apporter. Comment, par exemple, imaginer des dépêches tombant du ciel ? Un lion dévorant un général ? Un enfant massacrant une noce ?

Le rôle de la musique (interprétée par l'ensemble Ars Nova sous la direction de Philippe Nahon est également essentiel. L'orchestre est le moteur de l'action et comme les artistes namibiens sont d'excellents chanteurs, nous avons introduit un contrepoint choral à la musique savante du "Groupe des Six".

Bien que datant de 1921, cette pièce est éminemment moderne. C'est même une leçon de modernité. Nous sommes aujourd'hui à mille lieues de l'audace surréaliste. Méfions-nous de l'apparente désuétude de Cocteau. Il savait mieux que bien de nos contemporains, prendre un maximum de risques et repousser le plus loin possible les limites du possible. Il dit lui-même, dans la préface de sa pièce, que celle-ci est "innommable". Nous nous sommes donc pris au jeu de cette modernité là.

La première version du spectacle s'est donnée en anglais à Windhoek, nous l'avons ensuite repris en français à la Réunion et au Festival d'Avignon. Les Namibiens ont appris un peu le français et nous nous sommes débrouillés avec notre anglais rustique. En fait, le véritable langage de cette pièce est d'ordre poétique. Une poésie qui mêle les mots, les sons et les gestes. Sur ce dernier point, le rôle de Sébastien Lefrançois, leader du groupe hip hop "Trafic de Styles", a été décisif. Il interprète le photographe qui tente d'immortaliser la noce, mais il a aussi apporté son savoir-faire chorégraphique à l'ensemble du spectacle. Le hip-hop s'est ainsi "marié" à l'univers de la danse africaine, comme la tradition chorale namibienne aux musiques écrites de Poulenc, Milhaud, Honegger, Auric et Tailleferre. Nous avons un peu le sentiment d'avoir inventé entre nous une langue composite adaptée à notre propos.

Cocteau situe l'action de sa pièce au premier étage de la Tour Eiffel. Elle est donc à la place centrale de l'œuvre. Serait-elle devenu un mirage dans notre version franco-namibienne ? On a l'impression d'en distinguer les fondements, mais une énorme dune la domine. À Paris, quand nous avons emmené nos partenaires namibiens au sommet de la vraie Tour Eiffel, j'avais le sentiment d'apercevoir à mon tour les dunes de sable du désert de Namib dans le lointain.

Le célèbre court-métrage de René Clair et Francis Picabia, "Entr'acte", sert à la fois de lever de rideau et d'introduction à l'univers surréaliste de la pièce. Dans le film, on y voit un chameau traînant un corbillard, des œufs d'autruche en suspension sur des jets d'eau, Marcel Duchamp et Man Ray jouant aux échecs, un chasseur, etc… L'orchestre ARS NOVA joue en direct la musique d'Erik Satie composée spécialement pour ce film. Ce petit chef-d'œuvre du cinéma muet nous introduit de plain-pied dans l'univers coloré de nos "Mariés"…

Propos recueillis par Gilles Costaz
/ Festival d’Avignon 2001



REVUE DE PRESSE


LE MONDE

Cocteau emmène au ciel la cité des papes. Vincent Colin, adaptant "Les Mariés de la tour Eiffel", a transporté la tour dans les dunes du désert de la Namibie, pour la plus grande joie des spectateurs. Un théâtre de fous. Une crise de joie. Les mille étincelles d’une comète. Une danse d’hirondelles, d’une étoile à l’autre. Des chants jetés du fond du cœur. Avec cette présentation des Mariés de la tour Eiffel, de Jean Cocteau, ce soir Avignon monte au ciel. (…) L’embrassade, main dans la main des pétards et impertinences de Clair, Cocteau et de leurs amis, d’une part, et de Namibiens et Réunionnais, d’autre part, non seulement donne à cette fête incroyable de théâtre un relief, un allant, une violence d’imagination, un excès d’art, magnifique, mais encore fait vibrer sur la scène et dans nos cœurs ce qu’Antonin Artaud, du fond de son asile de Rodez, criait, gravait sur ses murs, à grands traits majuscules : « BONTÉ, BEAUTÉ, EXEMPLE ». Michel Cournot


LE DAUPHINÉ

La folle vitalité d'un spectacle hors normes. Dans "Les Mariés de la tour Eiffel", Cocteau fait éclater les conventions théâtrales. Vincent Colin réussit une brillante mise en scène de cette œuvre inclassable qui réunit les genres dans une ambiance surréaliste, drôle et chaleureuse. Marie-Héléne Loubatié

 

TÉLÉRAMA

Tristes sires s’abstenir. Fabienne Pascaud

 

LES ÉCHOS

La surprise la plus détonante du Festival. Ça passe ou ça casse, a dû se demander le metteur en scène une fois lancé dans cette folie. Ça passe, et en beauté. (…) sans doute la surprise la plus détonante du festival. Gilles Costaz


LE NOUVEL OBSERVATEUR

Noces dans l’Océan Indien. Avignon accueille pour la première fois une production des DOM-TOM. Signe qu’en trois ans un bel outil de création est né à La Réunion. Odile Quirot


LE SOIR

Un joyeux délire. Rarement cette technique de danse (hip hop) aura été aussi judicieusement utilisée et c'est un régal de voir les corps des protagonistes dialoguer avec autant de verve et d'humour !… Une joyeuse rencontre de styles, de rythmes, de cultures dont la poésie et l'humour sortent vainqueurs. Jean-Marie Wynants


EL PAIS

Une ingénieuse comédie musicale surréaliste. Octave Marti


MIDI LIBRE 

Une mise en scène foldingue ! Un spectacle à regarder l’esprit vide de préjugés. Martine Bres

 

L'EXPRESS

C’est épatant, décapant, décoiffant. Une soirée absolument enthousiasmante, inattendue et gaie, où le meilleur de la création française des Années folles féconde les désirs d’aujourd’hui. Chapeau ! Laurence Liban


LA CROIX

Les mariés de Cocteau se déchaînent. La pièce de Jean Cocteau dans une mise en scène de Vincent Colin offre enfin, à Avignon, un éclat de rire mené sur un pas de danse bien salutaire. Quelle noce! En se réappropriant un texte pacifiste et facétieux que Cocteau lui-même qualifiait "d'innommable" au sens propre du terme, Vincent Colin et sa troupe réussissent à offrir un moment de bonheur inattendu dans un festival placé sous le signe de la gravité. Robert Migliorini


LA MARSEILLAISE

Des acteurs noirs pour monter "Les Mariés de la tour Eiffel, œuvre emblématique des années folles. Drôle de pari, sacrément réussi. Un concentré de vitalité, d'intelligence et d'idées prodiguées avec une rare générosité. Agnès Freschel


LA PROVENCE

… dans un flot sans limites, mais combien réjouissant, s'affiche une symbiose totale entre les notes, les mots et les corps. Où tradition des années folles – au charme fou et désuet – et singularité novatrice de notre temps se marient. Nedjma Van Egmond